"Il est plus facile de paraître digne des emplois qu'on a pas que de ceux qu'on exerce "
Sentences et maximes morales - La ROCHEFOUCAULT
Dans le Landerneau judiciaire, cela s'appelle. un emploi fictif .
L'athlétisme, c'est bien connu, ne nourrit pas son homme, comme le football,
le tennis ou le golf . Faut-il pour autant franchir la ligne jaune et convertir une médaille d'or, en prise illégale d'intérêts ?
C'est ce dont s'est rendu coupable, Guy DRUT, notre médaille d'or du 110 mètres haies, aux J.O. de MONTREAL... il y a tout juste trente ans.
Pourtant les honneurs et la gloire avaient déjà fortement récompensé notre champion : décorations, députation, maroquin et même un poste très envié, au Comité International du C.I.O.
La justice l'a rattrapé, la condamnation a suivi, entraînant deux effets collatéraux :
coup d'arrêt de la carrière politique et suspension auprès des instances du C.I.O.
C'est là qu'intervient le chevalier blanc : le Président de la République en personne, qui en vertu d'une loi, votée à la sauvette en août 2002, amnistie l'intéressé, en catimini.
Cette mesure soulève un tollé, dans tous les milieux : de la classe politique, de la classe d'en-bas, et bien sûr dans celui de la justice, indigné et presque méprisé.
Pour justifier cette mesure, au demeurant conforme à la loi, on nous opposera deux arguments : le caractère exceptionnel de l'exploit sportif , faisant de son auteur un être ... au dessus des lois ! L'éventuelle réintégration au sein du C.I.O. du champion absous, en soulignant au passage, combien son absence à été préjudiciable au fiasco de PARIS 2012.
En présence de la désinvolture du pouvoir et face aux privilèges de la " République des coquins " ne peut-on pas répondre : que la FRANCE a d'autres athlètes de haut niveau, grands champions olympiques, susceptibles de la représenter au C.I.O.
Que le C.I.O. risque de ne pas souhaiter s'encombrer d'un membre entaché d'opprobre, alors même que lui-même fait l'objet de bien des critiques !
L'amnistie a été décrétée pour service rendu à la nation !
Ne serait-ce pas plutôt la notion même de service qui devrait être revue... à la hausse ! Aider son prochain, s'engager pour une cause humanitaire, sauver des vies... cela a assurément plus de valeur qu'un exploit sportif, vieux de trente ans ( l'âge des faux amis ! )
Le seul devoir d'un champion réside dans l'exemplarité ; son seul droit, c'est de payer ses fautes comme tout un chacun.
CARTON ROUGE, Monsieur CHIRAC !
A cause de votre amnistie félonne ; je hais... les haies !