Le phénomène déclenchant la créativité, l'invention... est souvent lié à une observation anonyme, telle celle de NEWTON,découvrant la pesanteur, en voyant tomber une pomme !
Dans mon cas, je ne sais si je dois lier le concept de « Double Face », à l'envers du décor d'un miroir, d'un hublot d'avion ou... à la réalité d'un mur à deux faces... comme à BERLIN (1)
Toujours est-il que la réalité a toujours sa face cachée, sa double face, son contraire souvent... comme la vie et la mort, le jour et la nuit, le bien et le mal, la guerre et la paix... au demeurant inséparables.
Sans doute est-ce pour cela que JANUS, le Dieu romain de la guerre avait une double face et que les portes de son temple étaient ouvertes ou fermées, selon que l'on était en paix ou en guerre.
Dans le cas d'un tableau, cela évoque cette citation, rappelée par un Conservateur du musée d'Orsay, citation rapportée de RUBENS, visitant une exposition de peinture, avec ses élèves : « Ne regardez pas, mais découvrez-vous quand même » Phrase sibylline pour inciter à découvrir au-delà de la réalité première, à explorer l'envers du décor !
Toujours est-il que ce concept de « Double Face » me fait percevoir les situations, les êtres, les objets différemment et ce phénomène s'extrapole à beaucoup d'expressions artistiques.
Dans le cadre de la sculpture, par exemple, loin du classicisme, des compressions de CESAR, des colonnes de BUREN, CALDER a révolutionné cet art, avec l'apport des mobiles. A tel point que les critiques d'art ont « inventé » le mot stabile... pour tout simplement parler d'une oeuvre statique !
Ce concept, j'ai souhaité dans un premier temps, l'adapter au hublot, et plus particulièrement au hublot d'avion.
Tout se passe en effet, comme si la transparence du verre traité, se comporte finalement comme un filtre,... un spectre déformant !
Prenons encore un exemple : Le voyageur, en route pour une nouvelle destination, une nouvelle aventure, véhicule des attentes liées à sa culture, ses tropismes, ses attentes... voilà pour l'en-soi, le pour-soi. Dès l'atterrissage, à travers le hublot, c'est souvent une toute autre réalité qui l'attend ! : paysages, habitants, culture..., souvent modifiés par les méfaits d'un tourisme non équitable, non durable... voilà pour l'autre face.
Que peut-on en déduire ? Qu'une nouvelle voie se dessine pour l'art ?
Peut-être celle d'une communication artistique à deux entrées... sur les deux faces d'un même tableau.
Certes, il ne s'agit point, comme dans les églises orthodoxes russes, de suggérer le paradis face à l'entrée et l'enfer... à la sortie !...mais de cultiver la différence, en prônant la tolérance.
Puissent ces hublots, suspendus entre ciel et terre, ces hublots peints, illustrer le propos : « La vie est un songe ! L'important n'est-il pas de vivre ses rêves, ses envies ? »
D@niel BOULOGNE 14 novembre 2002
(1) Mécénat de deux pans de mur du mur de BERLIN, offerts par l'auteur au Mémorial de CAEN
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