Chacun d'entre nous connaît l'anagramme, qui doit sa réputation à la qualité, à nulle autre pareille de son pain :
« O le pain »... devint POILANE !
Pour moi, je m'en tiendrai à l'expression « co- pain » : celui avec qui on partage le pain.
La triste nouvelle est tombée, en cette fête de la TOUSSAINT, l'hélicoptère que pilotait comme à son habitude, mon copain Lionel POILANE, s'est abîmé en mer, au large de Cancale.
Avec lui disparaît, un grand Monsieur de la table, de la restauration... celui qui remit au goût du jour, le pain quotidien, pour lui redonner ses lettres de noblesse...celui qui fit flotter très haut les couleurs de l'artisanat et du beau métier de boulanger .
Rue du Cherche-midi, dans la boulangerie Poilâne, à Paris, comme au magasin de Londres,les miches écussonnées du célèbre « P », qui les ont rendu identifiables, témoignent de l’œuvre de cet artiste.
Son célèbre nœud papillon, aussi célèbre que les moustaches du Maître, son ami DALI, s'est envolé, tel une feuille d'automne qui tournoie et se noie.
Adieu l'ami, le destin a ouvert la cage aux oiseaux, entièrement faite de pain, pour le musée de Figueras... la mer vient d'accueillir son célèbre enfant .