Novembre 1989 : Berlin
Le Mur de Berlin se lézarde. Côté Ouest, des artistes décident de peindre la face Est du Mur que personne, depuis sa construction en 1961.
D@niel Boulogne apprend la nouvelle par la radio, un soir en rentrant chez lui. Aussitôt il décide de faire cadeau de deux tonnes de peinture aux artistes est-allemands.
Mais le mur est encore debout, toujours sévèrement protégé, et l'expédition se révélera plus périlleuse que prévu.

 
 
 
 
Tout d'abord je voudrais faire un hommage un amis disparu : Patrick PEROTTE, pistoleteur Normand
 
 
 
 
 
 
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Un mur a deux faces. Je suis payé pour le savoir. C'est mon métier. Constructeur d'art. Les autres s'occupent d'un côté du mur. Celui sur lequel ils accrochent une gravure, poussent leur lit, disposent une commode. La face interne. L'intérieur. Le cocon douillet, enfin, si possible. Le mur à leur image.

Je m'intéresse à la face externe. J'en fais un tableau à l'air libre - et c'est une définition de la liberté qui en vaut une autre.

J'aime les murs aveugles au point de leur en faire voir de toutes les couleurs.
 

Pour le mur de Berlin, cela a aussi fini comme ça : avec de la peinture et des couleurs. Sauf que c'est moi, qui, au début, étais aveugle. Impardonnable : j'avais failli oublier qu'un mur a deux faces. Plus impardonnable encore : j'avais failli oublier que pour le prisonnier, le mur qui compte, c'est celui qu'il a sous le nez, le mur qui est un obstacle entre lui et la liberté, le mur qui le boucle dans sa cellule et fait la différence entre une vie carcérale et une vie normale.